Spanair : crash oui, délit de sécurité non
Les
interrogations vont bon train sur les circonstances précises de la
catastrophe de l'Aéroport de Bajajas à Madrid, mercredi dernier (20/08/2008).
Le
crash au décollage du MD82 de Spanair a provoqué 154 morts.
L'identification des corps calcinés des victimes avance difficilement.
Economie/sécurité : le serpent de mer...
On sous-entend implicitement
que l'accident serait dû à une impasse sur la sécurité résultant d'une
priorité accordée à l'économie.
Comme à la suite de toutes les catastrophes aériennes majeures, les supputations sur les causes de l'accident vont bon train.
Ici, alors qu'on ne savait même pas si l'avion avait déjà décollé ou pas, les compagnies "low costs" étaient, de suite, mises en cause.
Puis,
la situation financière de la compagnie, ainsi que la menace d'une
grève du personnel étaient citées comme des facteurs contributifs à
l'accident, survenu - selon des sources anonymes - à la suite de
pressions sur les équipages et les mécaniciens !
Pressions d'ailleurs aussitôt démenties par le président d'un syndicat de pilotes espagnols.
Alors, pour la manifestation de la vérité et le respect que l'on doit aux victimes et à l'insupportable douleur des familles, il est fallacieux de mettre en exergue des hypothèses non fondées. Seuls les éléments factuels qui seront recueillis par les enquêteurs (administratifs et judiciaires) permettront de privilégier une cause probable - ou certaine - à tout le moins des facteurs contributifs."
Faudra-t-il renforcer la question des contrôles et de la sécurité dans le secteur aérien ? Si oui, comment ?
Le premier des contrôles se fait au sein même de la compagnie. Dans les ateliers de maintenance, dans la formation des équipages et du personnel au sol, etc...
Rappelons, par exemple, qu'Air France a été une des premières compagnies à mettre en place un système de sécurité des vols.
Puis, des contrôles sur la qualité des nombreuses visites effectuées sur les avions (des simples petits travaux courants à la "grande visite" consistant en un démontage total de l'avion) sont effectués par des organismes accrédités.
Les autorités de tutelle (en France, la DGAC) effectuent également des contrôles dans de nombreux domaines, non seulement auprès des compagnies, mais également auprès de la navigation aérienne, des aéroports, etc...
Certes, il est toujours possible d'augmenter le nombre des divers contrôles déjà en place mais, malheureusement, cela n'évitera pas l'existence d'une défaillance humaine, d'une anomalie dans une procédure, d'une dégradation non prévisible d'un système, etc... etc...
Si l'on tient compte des très bonnes performances sécurité réalisées dans les pays industrialisés, force est de constater qu'indépendamment des contrôles - d'ailleurs estimés suffisamment nombreux - il existe une participation active de tous les dirigeants qui ont pris conscience qu'aucune impasse ne pouvait être admise sur la sécurité.
En revanche, dans ce domaine de la prise de conscience et de l'équation l'économie-sécurité, l'effort doit être porté sur certains pays qui, étant souverains, appliquent à leur façon les règles internationales et ont des règles nationales inférieures aux normes européennes.
[Source: Tourmag 24/08/208]



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